Rendez-vous au centre Pompidou, c’est par les tuyaux que j’accède à l’étage 4 (si mes souvenirs son bons). La vue sur Paris est belle malgré le mauvais temps. Mais je suis pas venu ici pou regarder les monuments d’en haut mais bel et bien pour voir l’exposition de Roy Lichtenstein.

Roy Lichtenstein est un personnage que je connais peu, son nom est relié au mouvement Pop Art seulement je ne sais pas exactement pourquoi. Cela va être pour moi une grande découverte. Enfin je l’espère. On est dimanche, il est 14h. J’arrive à l’entrée de l’exposition, il y a peu de personnes, sur ma gauche se trouve une frise retraçant son historique. Je lis attentivement puis je rentre.

Un mot sur Roy

Né en 1923, d’une mère pianiste et d’un père agent immobilier, il s’intéresse très tôt à l’art et au design. C’est à l’âge de 16 ans qu’il s’inscrit à ses premiers cours d’art durant l’été qui suivra sa dernière année de lycée. Ses études sont interrompues par la Seconde Guerre Mondiale, il part pendant trois ans. Il profite pour voir des expositions à Londres et apprendre le français à Paris. Roy Lichtenstein n’oubliera pas de peindre et dessiner durant cette période.
Il retourne aux Etats-Unis en 1946 car son père est gravement malade. Ce dernier meurt peu de temps après. Roy reprend ses études puis exercera en tant que professeur à partir de 1949. La même année il se marie avec Isabel Wilson avec qui il aura deux fils.

Art Naïf

A ses débuts, Roy Lichtenstein fut influencé par le cubisme et l’expressionnisme. Un art naïf qui pourrait faire penser à des dessins d’enfants mais qui révèlent en réalité une grande maîtrise technique. Divers motifs : hachures, rayures, formes pleines et vides, dégradés de gris et autres se juxtaposent les uns aux autres. Comme si chaque partie arrivait dans le cadre de façon désorganisée pour former un tout aussi cohérent qu’incohérent. Une forme de chaos posée sur papier.

Lichtenstein 10 dollar bill, 1956

Plusieurs œuvres sont présentes dans cette première pièce, malheureusement elles ne peuvent être prises en photo. Vous vous contenterez d’un de ses premières œuvres : Ten dollar bill, crée en 1956. Cet art naïf influencera ses œuvres suivantes durant toute sa vie.

Le Pop Art

Lichtenstein est considéré comme une figure emblématique du Pop Art. Et à juste titre. En effet, dans sa recherche artistique, Roy veut effacer le travail de sa main au profit d’un aspect plus industriel.

« Je veux que mon tableau ait l’air d’avoir été programmé. Je veux cacher la trace de ma main. »

Donald et MickeyIl réalise alors ses œuvres dont la technicité emprunte aux techniques publicitaires et d’impression utilisées pour les BD : aplats de couleurs, utilisation de trames pour créer des demi-teintes… C’est pendant des heures, à l’aide d’un pinceau et de peintures à l’huile, qu’il créera ses tableaux avec une grande précision. Ainsi, il suggérera le consumérisme, de la production industrielle à la publicité commerciale.
Après avoir réalisé plusieurs peintures mettant en scène des personnages connus (voir « Look Mickey »), il reprendra des scènes de BD moins connus telle que « Whaam ! » (1963) ou « Torpedo Los ! » (1963).

 

Sandwich
Des tableaux qui semblent figés et qui pourtant représentent des scènes de combat violentes. Ou encore des produits tout droit issus de la production industrielle comme le montre l’hamburger que tout le monde reconnaîtra.
Ces techniques de création seront fortement exploitées par l’artiste qui en fera sa marque de fabrique. Sans mauvais jeu de mots.

Inspirations cubistes et futuristes

Je continue l’exposition et entre dans une nouvelle salle. Tout comme cette salle vient après le Pop Art, Roy Lichtenstein créa ces œuvres après sa période Pop. C’est pourquoi je découvre des tableaux qu’on peut facilement identifier comme cubiste ou futuriste, mais à la sauce Roy Lichtenstein. Toujours avec ses trames de couleurs, ses aplats, ses couleurs vives qui font de ces tableaux un mélange (d)étonnant.
Il est intrigué par l’idée véhiculée dans les tableaux cubistes et futuristes. Ce changement significatif de la perception. Que ce soit une vue à 360° ou un découpage du mouvement. En 1974, il reprend l’œuvre « Le cavalier rouge » de Carlo Carrà pour se la réapproprier. Il en retirera notamment le résultat étrange où peut amener le cubisme et ses dérivés.

« Le futurisme montre effectivement le mouvement, mais il ne le fait pas très bien ; la peinture n’est pas un art du temps. »

Carlo carra - Le cavalier

Le Cavalier Rouge par Carlo Carrà

Roy Lichtenstein - The red horseman

Le Cavalier Rouge par Roy Lichtenstein

zen artZen Art

A la fin de sa vie, Roy Lichtenstein s’inspirera d’estampes japonaises et de l’art chinois. Loin du cubisme et surtout du futurisme, ces deux arts suggèrent l’équilibre, la tranquillité.

Ces grands tableaux représentent des paysages calmes et paisibles dans lesquels l’action prend qu’une toute petite place et est quasi inexistante. La majeure partie de ces peintures est remplie de son fameux tramage. Des points côte à côte qui, plus ou moins gros et plus moins rapprochés, nous font deviner des montagnes, des collines, de l’eau…

Ces tableaux sont certainement le reflet de l’âme de l’artiste qui créa ces œuvres à un âge où il trouva la paix intérieure et la sagesse.

 

L’exposition est terminée, je sors la tête remplie de formes pleines et de tramages. Content d’avoir découvert un artiste, sa vie et sa démarche artistique. En espérant vous avoir donné l’envie d’en connaître plus sur cet homme.

A bientôt

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  • Pays : France
  • Ville : Paris
  • Année : 2013

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