Aux Usines Éphémères

Par une journée d’hiver à Paris je décide de sortir de mon appartement armé de mon appareil photo. Je me dirige vers le canal Saint Martin, point d’eau où à coup sûr je pourrai faire de splendides photos. Après plusieurs longues minutes de marche à travers le vacarme parisien, j’arrive aux bords du canal. Là je vois qu’une exposition photo se déroule aux Usines Éphémères, lieu incontournable de la vie parisienne. C’est dans ce centre artistique, salle de concerts, d’expositions et de rencontres que je découvre les « Oubliés de nos campagnes ». Exposition réalisée par Lionel Charrier et Alain Keler.

« Pour la liberté »

Jean-marieJean-Marie est un homme de 54 ans vivant dans les Landes, à l’orée d’une forêt proche de Dax. C’est par choix qu’il s’est installé là, dans sa caravane, et cela fait plus de 25 ans. Un choix de vie qui ne plait pas à tout le monde puisqu’il est maintenant sous la menace d’une expulsion. Refusant de se plier au système de location, Jean-Marie préfère vivre chez lui, il dit lui-même :

« Je ne veux pas payer de loyer pour un truc dégueulasse. Je préfère vivre dans un truc insalubre, mais chez moi. »

Désindustrialisation

Désindustrialisation campagneDivers processus sont à la source de la désindustrialisation (économie tendant vers le tertiaire, délocalisation, automatisation des chaînes de montage…) mettant de nombreux ouvriers sur la paille. Depuis les années 70 les campagnes se vident de sa population laissant derrière elle des usines fantômes, des écoles n’entendant plus les cris des enfants, des villes et villages qui ont perdus leurs âmes, mais aussi des personnes qui ont dû se reconvertir.

Le désespoir

MurielleSi des personnes sont parties ailleurs pour trouver du travail d’autres sont tout simplement parties. C’est le cas du mari de Murielle, agriculteur il n’a pu continuer à vivre de son métier, à boucler les fins de mois. Certains demandent de l’aide non sans honte, d’autres choisissent de mettre fin à leur vie. Voilà pourquoi Murielle est devenue veuve à l’âge de 54 ans. Et elle n’est pas seule dans son cas. Chez les agriculteurs c’est 500 suicides par an selon l’Institut national de veille sanitaire.

Les migrants espagnols

Ester ArmandoArrive l’histoire de Ester et Armando, deux espagnols venus en France pour échapper à la « crise » qui frappe leur pays. Ils confient leurs deux enfants aux grands-parents. Pendant ce temps c’est la saison des récoltes, le couple fait le tour de France en camionnette dans laquelle ils logent pour proposer leurs services afin d’avoir un peu d’argent. Cependant la cueillette tarde, le temps est mauvais, à cela s’ajoute le travail difficile et provoquent rhumatismes et sciatique chez Ester. Malgré tout ils doivent finir la saison pour leurs enfants.

Ce couple courageux n’est pas le seul dans son cas, de nombreux espagnols viennent en France faire un travail saisonnier. On en dénombre plus de 56 000 en 2012.

« On a besoin de quoi pour vivre ? »

Isabelle et GeorgesDeux récits d’un couple nouveau pour une vie nouvelle. Commençons par Isabelle, 46 ans, s’est remise en question suite à une semi paralysie du côté gauche de son visage. Elle a pour ainsi dire tout plaqué. Elle a quitté son boulot de secrétaire de direction, a quitté son compagnon, sa maison… tout ! Aujourd’hui dans une logique de décroissance elle fait les saisons qui lui assure l’alimentaire notamment. A deux ils ont repris leur vie en main. Isabelle dit elle-même :

« Je me suis jamais sentie aussi forte aujourd’hui. »

Quand à son compagnon, Georges de 57 ans, a vécu de la débrouille dès son plus jeune âge. A 13 ans il fugue de chez lui, son père lui dira même : « Tu veux partir ? Va-t-en mais ne m’appelle pas demain si tu as un soucis. » Plusieurs années après, Georges travaille pour d’autres personnes réalisant divers services. De son travail et de leur générosité lui et sa femme vivent très bien. Ce couple a décidé de vivre de peu, sans eau, sans électricité et même sans RSA ! Au cas où certains voudraient les taxer d’assistés. A travers ce choix de vie ils nous posent la question :

« On a besoin de quoi pour vivre ? »

Entre espoirs et désespoirs, ces histoires d’hommes et de femmes nous font prendre conscience de diverses réalités en France. En espérant vous avoir donné l’envie de rencontrer ces personnes, ces oubliés au travers de leurs témoignages. Si l’exposition se déroule près de chez vous n’hésitez pas à y aller.

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Guide Partir au Pérou

  • Pays : France
  • Ville : Paris
  • Année : 2013

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