Située dans le quartier de « pueblo libre » au centre de Lima, le musée Rafael Larco Herrera fait parti des musées les plus étonnants que j’ai eu la chance de visiter. Il a été crée par l’archéologue Rafael Larco Hoyle à Trujillo en 1926, puis déplacé à Lima en 1962. Ce dernier a exposé une grande collection de céramiques précolombiennes héritées de son père Rafael Larco Herrera, d’où son nom. On peut même visiter l’entrepôt qui renferme des milliers de céramiques issues de diverses cultures. Mais la partie intéressante se trouve dans la galerie. Elles renferment d’innombrables informations, vous en ressortirez émerveillé par tant de richesses culturelles. Dans cette première partie je montrerai quelques céramiques et je préciserai par qui et dans quel but elles ont été crées. Puis je passerai à la partie traitant de la vision de l’or et de l’argent dans les sociétés précolombiennes.

 

1 – Animaux sacrés

Céramique du hiboux, vase cupisnique

Les premières cultures apparues en Amérique du sud représentaient les dieux sous la forme d’animaux. Ce vase en céramique en est un bel exemple. Elle provient de la culture Cupisnique qui a vécu d’environ 1200 à 500 avant. J-C. Leurs céramiques sont remarquables et identifiables, effectivement elles souvent sombres car les êtres humains de la culture cupisnique utilisaient des teintes noires, brunes ou rouges sombres.

Cet exemple représente deux hiboux, oiseaux de nuit clairvoyants dans la pénombre. Ils peignaient ou sculptaient aussi le félin, symbole de pouvoir et de force ou le condor. De façon générale, les oiseaux représentent le pouvoir du ciel, le félin celui de la terre et les serpents celui de monde souterrain.

 

2 – Huari du nord

Vase en céramique HuariOriginaire du sud de l’actuel Pérou, la culture Huari (ou Wari) s’est diffusée jusqu’au nord du Pérou. J’ai déjà évoqué cette culture dans les présentations du musée archéologique d’Ancash et du musée national de Lima. Cependant, le musée Rafael Larco Herrera force l’admiration car il détient de très belles pièces. L’art Huari se caractérise par des motifs géométriques de multiples couleurs, ils sont généralement délimités par de traits fins noirs. Les représentations d’humains sont aussi courantes que les représentations religieuses. Pendant son extension au nord, la culture Huari à influencé l’art de la céramique dans cette région. Les hommes et femmes utilisaient plus de couleurs. Ils ont inséré d’autres formes de vases dans leur art, comme les vases à double goulot ou la anse-pont.

 

3 – Mochica

Vase en bois MochicaLa culture Mochica a été l’une des rares à avoir réalisé de vrais portraits humains. Voyez le vase en bois ci-contre, les traits sont précis et la ressemblance à un être humain est frappante. Il devait sûrement représenter un homme appartenant à l’élite gouvernante, reconnaissable à ses larges boucles d’oreilles. Notez les précisions de la coiffe et de la parure sur sa tête.On distingue tout aussi bien les peintures faciales.
Les autres individus représentés étaient des prêtres, des guerriers ou encore des artisans distingués. Quelques unes de leurs divinités ont également été sculptés sur bois ou en céramique. On n’a malheureusement pas découvert d’objets représentant des visages de femmes à ce jour.

Sacrifice des vaincus

Céramique Mochica représentant le sacrifice des vaincusLes sacrifices des guerriers vaincus et plus largement les sacrifices humains étaient courants dans la région andine. L’art Mochica montre différents types de sacrifices pratiqués à cette époque. S’il était courant de jeter les guerriers du sommet des montagnes, il étaient parfois transportés dans les îles voisines, lieux où se produisait le sacrifice. Ce n’était pas clairement précisé dans le musée mais ces sacrifices devaient certainement être réalisées à la gloire des Dieux. La céramique ci-contre représente une embarcation avec laquelle les mochica traversait la mer pour amener les vaincus au sacrifice.

 

4 – Les quipus incas

Quipu incaLes Incas possédaient d’importantes exploitations agricoles, utilisaient beaucoup de main d’oeuvre provenant notamment des cultures soumises, exigeaient des tribus de ces populations. Pour comptabiliser l’ensemble, ils ont mis en place un système d’enregistrement complexe. Les quipus en constituaient le principal outil. Ces cordelettes nouées entres elles servaient à enregistrer des informations comptables nécessaires à toutes leurs activités. Les couleurs, les nœuds, les distances entre ces nœuds, a permis aux incas de distinguer ce qu’ils comptabilisaient et de connaître les quantités. Ils pouvaient dons savoir si c’était une population, des hommes, des femmes ou bien des objets ou des productions. Le fonctionnaire qui créait et lisait ces quipus s’appelait le quipucamayoc. Il utilisait l’unité décimale. Une cordelette représentait les unités, une autre les dizaines…
Tout ceci a été supposé ou provient des chroniques espagnoles, nous ne sommes pas certains de tout ni ne pouvons les lire clairement. On peut dire que le quipucamayoc a bien gardé ses secrets. Ce dont on est sûr c’est qu’ils ont été crées à partir du coton ou de fibres de camélidés selon les cas.

 

 

Plat Inca en orDécouvrir la suite

Dans la seconde partie du musée Rafael Larco Herrera vous pourrez admirer de très beaux objets en or et autres métaux précieux, et comprendre la symbolique de ces objets.
Musée Rafael Larco – Deuxième partie

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Guide Partir au Pérou

  • Pays : Pérou
  • Ville : Lima
  • Année : 2015

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